Le changement climatique serait la cause de l’extinction du rhinocéros laineux

Durant un temps, les scientifiques imaginaient que l’extinction du rhinocéros laineux a été causée par une chasse excessive. Les éléments qu’ils viennent de découvrir leur suggèrent désormais que la disparition de ce grand herbivore serait liée au changement climatique.

Il vivait dans le nord-est de la Sibérie et bénéficiait d’une toison laineuse particulièrement épaisse qui le préservait du froid. Les chercheurs s’interrogent depuis des années sur la ou les causes ayant provoqué la disparition de cet animal préhistorique il y a 14 000 ans.

L’analyse de fragments d’ADN de 14 de ces rhinocéros laineux les incite à penser que leur extinction n’est pas concomitante à l’apparition des hommes dans la région. Les échantillons qu’ils ont étudiés, issus de tissus, d’os et de cheveux de cet herbivore ont livré des enseignements très importants. En effet, ce travail leur a permis d’estimer les populations de rhinocéros laineux pendant des dizaines de milliers d’années avant leur extinction.

“Nous avons observé qu’après une augmentation de la taille de la population au début d’une période froide il y a environ 29 000 ans, la taille de la population de rhinocéros laineux est restée constante et qu’à cette époque, la consanguinité était faible” indique le co-premier auteur Nicolas Dussex, chercheur postdoctoral au Centre de paléogénétique, dont le travail a été publié dans le 13 août dernier dans la revue Current Biology.

 Love Dalén, auteur principal et professeur de génétique évolutionniste au Centre de paléogénétique apporte d’autres éléments d’informations : 

“On croyait initialement que les humains sont apparus dans cette région il y a quatorze ou quinze mille ans, à l’époque où le rhinocéros laineux a disparu. Or, récemment, plusieurs découvertes de sites d’occupation humaine beaucoup plus anciens ont été faites, dont le plus célèbre est d’environ trente mille ans. Par conséquent, le déclin vers l’extinction du rhinocéros laineux ne coïncide pas tellement avec la première apparition d’humains dans la région” raconte-t-il.

L’examen des fragments d’ADN ont par ailleurs révélé des mutations génétiques ayant aidé cet animal préhistorique à s’adapter au temps plus froid.  Les chercheurs aspirent à étudier l’ADN d’autres rhinocéros laineux ayant vécu dans ce laps de temps entre le dernier génome qu’ils ont séquencé et l’extinction de l’espèce, soit une période s’étalant sur environ 4 500 ans.