Une IA pour déterminer en avance les malades du Covid qui ont besoin d’un respirateur

Des chercheurs américains ont programmé une Intelligence Artificielle (IA) ayant la capacité de prévoir les patients malades du COVID-19 qui auront besoin d’une assistance respiratoire.

On doit cette innovation à des scientifiques qui exercent à Cleveland (Etat de l’Ohio) au sein de la Case Western Reserve University. L’outil qu’ils ont développé a permis de déterminer les besoins en respirateur de 900 patients atteints du Covid-19 avec une précision de l’ordre de 84%.

Depuis le début de la pandémie, le nombre de respirateurs nécessaires pour la prise en charge des malades les plus graves a largement dépassé les équipements disponibles, et ce dans de nombreux établissements. Si les politiques de vaccination mises en œuvre dans divers pays et notamment aux Etats-Unis ont semble-t-il contribué au déclin du nombre de patients hospitalisés, l’émergence du variant Delta (initialement baptisé variant indien) a de nouveau induit des pénuries de respirateurs. 

Pour développer leur ingénieux outil, les chercheurs ont évalué au moyen de la scanographie – qui offre plus de détails qu’une radiographie ordinaire – l’état de près de 900 patients hospitalisés aux Etats-Unis et à Wuhan. Ils ont mis en évidence à l’aide d’une IA que les patients qui ont été hospitalisés en soins intensifs présentaient des caractéristiques distinctives de ceux qui n’avaient pas eu besoin d’être pris en charge dans un tel service. 

“Cela pourrait être important pour les médecins lorsqu’ils planifient comment soigner un patient – et, bien sûr, pour que le patient et sa famille le sachent”, a déclaré Anant Madabhushi, professeur de génie biomédical du Donnell Institute à Case Western Reserve et directeur du Centre d’imagerie numérique et de diagnostic personnalisé (CCIPD). “Cela pourrait aussi s’avérer important pour les établissement hospitaliers car ils déterminent en amont le nombre de respirateurs dont ils auront besoin” ajoute le Professeur.

Cette innovation pourrait aider à “déterminer précocement les publics à risque accru de développer un syndrome de détresse respiratoire aiguë sévère – ou ceux qui sont susceptibles de mourir” a détaillé Amogh Hiremath, un étudiant diplômé du laboratoire de Madabhushi et auteur principal de l’article. 

Jusqu’à présent, les médecins ne disposaient pas d’un moyen cohérent et fiable d’identifier quels patients COVID-19 nouvellement admis sont susceptibles d’avoir besoin d’une assistance respiratoire.

Le laboratoire de Madabhushi a aussi dernièrement publié des recherches comparant les analyses de tissus d’autopsie prélevées sur des patients décédés du virus H1N1 et du COVID-19. Bien que les résultats soient préliminaires, ils semblent révéler des informations sur ce que Madabhushi surnomme “l’architecture immunitaire” du corps humain en réponse aux virus. Les enseignements tirés dans le cadre de tels travaux pourraient notamment jouer “un rôle dans la manière dont nous concevons les vaccins” conclut le professeur de génie biomédical.