Plus d’un quart des espèces animales menacées

Quant il s’agit d’alerter l’opinion sur les menaces pesant sur la biodiversité, les scientifiques les plus inquiets n’y vont pas par quatre chemins et évoquent littéralement une “sixième extinction de masse”. Pour l’UICN, pas réellement plus optimiste, ce sont plus d’un quart des espèces étudiées sur la planète Bleue qui sont actuellement en danger.

L’Union internationale de conservation de la nature (UICN), ONG fondée en Suisse en 1948, participait à un nouveau rendez-vous d’importance début septembre. Elle était présente au Parc Chanot à Marseille, dans le cadre du Congrès mondial de la Nature où sont notamment intervenus le président français Emmanuel Macron et Mario Draghi, président du conseil des ministres d’Italie.

Pour l’UICN, il convient de retenir que 28% des espèces répertoriées sur Terre sont “menacées”. Dans ce document de travail qui constitue selon ses auteurs “l’inventaire mondial le plus complet de l’état de conservation global des espèces végétales et animale”, les espèces sont classées en fonction de leur niveau de vulnérabilité (de “préoccupation mineure” à “en danger critique”) pour celles qui sont encore présentes. Y sont également mentionnées les espèces disparues (“disparue au niveau régionale”, “éteinte à l’état sauvage” et “éteinte au niveau mondial”).

Dans la mesure où ils s’étendent sur 70% de notre planète, les mers et les océans font légitimement l’objet d’une attention particulière des scientifiques. Ceux qui œuvrent pour le compte de l’UICN rapportent que 37 % des quelques 1 200 espèces de la famille des raies et requins examinées sont menacées.

“Bien trop de requins et de raies sont tués et les mesures contre la surpêche sont terriblement inadéquates”, commente un membre de l’université canadienne Simon-Fraser, auteur d’une étude sur laquelle est basée cette réévaluation.

Un autre animal ô combien emblématique pourrait voir son environnement bouleversé à la faveur du changement climatique et par conséquent voir ses effectifs s’appauvrir, il s’agit du célèbre Varan de Komodo. “La hausse des températures et donc du niveau de la mer devrait réduire leur habitat d’au moins 30 % dans les quarante-cinq prochaines années”, alerte l’organisation.

Aux plus fatalistes, l’UICN démontre que de bonnes mesures de protection et de gestion peuvent aboutir à des résultats plus qu’encourageants. Figurant auparavant dans la liste rouge parmi les espèces “en danger”, le thon rouge n’est désormais qu’une “préoccupation mineure” aux yeux de l’organisation.

En France en particulier, l’état des lieux effectué en 2017 révélait une dégradation non-négligeable de la biodiversité. A titre d’exemple, 33 % des espèces terrestres et 32 % des espèces marines apparaissaient menacées ou quasi menacées, contre respectivement 23 % et 25 % en 2009 selon l’ONG environnementale.