L’obésité, facteur de nuit perturbé pour certains scientifiques

Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université de Pennsylvanie suggère qu’un excès de poids peut être à l’origine d’un sommeil perturbé. 

Pour de nombreux scientifiques, un manque de sommeil dérégule le système métabolique et favorise l’obésité, ce qui, in fine, entraîne une consommation excessive de calories. Chez l’homme, une perturbation aiguë du sommeil peut entraîner une augmentation de l’appétit et une résistance à l’insuline. Les personnes qui dorment régulièrement moins de six heures par nuit sont davantage susceptibles d’être obèses et diabétiques.

Or, une nouvelle étude publiée cette semaine dans la revue PLOS Biology suggère plutôt qu’un excès de poids peut expliquer un sommeil court et des insomnies.

Pour arriver à cette conclusion, des chercheurs de la Perelman School of Medicine de l’Université de Pennsylvanie ont mené des expérience sur les Caenorhabditis elegans, des vers d’un millimètre environ. Ils les ont précisément choisis car ils savent exactement lequel de leurs neurones ils peuvent activer / désactiver pour réguler / déréguler le sommeil.

En premier lieu, ils ont privé les vers de sommeil désactivant l’un de leurs neurones. Ils ont observé une baisse significative des niveaux d’adénosine triphosphate (ATP), une protéine de stockage et de transport énergétique. Cela indique bien selon eux que sommeil constitue une tentative de conservation de l’énergie.

Lorsqu’ils ont neutralisé le gène (KIN-29) nécessaire au sommeil, ces vers ont accumulé un excès de graisse tandis que leurs niveaux d’ATP ont baissé. Ne disposant plus du gène requis, les vers mutants n’avaient plus la faculté de libérer leurs graisses. Par la suite, ces mêmes Caenorhabditis elegans qui disposaient d’une enzyme leur permettant à nouveau de libérer leurs graisses recouvraient bien le sommeil.

Ainsi, la libération des réserves de graisses pourrait être aussi un mécanisme favorisant le sommeil. Les chercheurs de l’Université de Pennsylvanie supposent ainsi qu’un trop plein d’énergie rend inutile la fonction de conservation de l’énergie assurée par le sommeil.