Le régime alimentaire influence la qualité du sperme

Le régime alimentaire influence la qualité du sperme et ce très rapidement. Ce sont les conclusions d’une étude parue en janvier dans la revue PLOS Biology.

Les femmes qui aspirent à devenir mères ont tout intérêt à embrasser un mode de vie, en effet il existe divers freins dans la conception d’un bébé, tels que le stress et du tabac. Les hommes qui envisagent la paternité devraient quant à eux se soucier de leur hygiène de vie, à en croire les résultats d’une étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Linköping (sud-est de la Suède).

Ces derniers ont en effet constaté que le régime alimentaire avait des effets rapides sur la qualité du sperme. Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques ont analysé le sperme de 15 jeunes hommes non-fumeurs à l’IMC normal, qu’ils ont contraints de suivre un régime alimentaire spécifique.

La première semaine, les participants ont adopté une alimentation conforme aux recommandations nutritionnelles du régime nordique établies en 2012. La deuxième semaine, ce régime alimentaire a été enrichi d’un apport conséquent en sucre, correspondant à 3,5 litres de sodas ou 450 grammes de confiseries journaliers.

Avant le début de l’expérimentation, un tiers des hommes présentaient une faible motilité (capacité à se mouvoir spontanément) des spermatozoïdes, facteur qui reflète dans une certaine mesure une mauvaise qualité de sperme. Cette proportion est représentative de celle constatée pour la population masculine en générale. 

Ils ont ensuite observé que la motilité des spermatozoïdes des 15 hommes étaient devenue normale au cours de l’étude.

“Nous pouvons lier les changements à des molécules spécifiques en eux. Notre étude a révélé des effets rapides qui sont perceptibles après une à deux semaines”, ajoute Anita Öst, professeur en charge de l’étude.

Les analyses d’échantillons ont en outre mis en évidence une augmentation simultanée de fragments d’ARN liés à la motilité.  Une précédente étude entreprise sur les souris a démontré que ces fragments d’ARN jouent un rôle dans les phénomènes épigénétiques qui se manifestent à la génération suivante.

Les auteurs indiquent que le “régime alimentaire paternel peut affecter la santé métabolique de la progéniture dans un processus épigénétique impliquant une petite séquence d’ARN dérivée du sperme”.

Est-ce le sucre ou un ingrédient du régime alimentaire nordique qui est à l’origine ? Les chercheurs ne sont pas parvenus à le démontrer.