D’étranges objets détectés près de l’énorme trou noir de notre galaxie

Des objets inédits ont été découverts autour du grand trou noir qui se situe au centre de notre galaxie. Ils fascinent les scientifiques dans la mesure où ils ne ressemblent à aucun autre astre déjà observé.

Les résultats de cette découverte ont été publiés en début d’année dans la revue scientifique Nature. On compte parmi les auteurs Andrea Ghez, du Département de physique et d’astronomie de l’Université de Californie ainsi que l’astrophysicien français Aurélien Hees.

En 2005, Andrea Ghez avait découvert un objet baptisé G1 proche du trou noir supermassif de notre Galaxie Sagittarius A* (Sgr A*). Six ans plus tard, un autre objet similaire appelé G2 a été identifié au voisinage de ce même trou noir. Le point qu’on leur prêtait ? Les mesures suggéraient qu’il s’agissait de simples nuages de gaz et de poussières.

Les scientifiques anticipaient à tort la disparition de G2 en 2013 par les forces de marée du trou noir supermassif, lorsqu’il devait s’en approcher comme jamais il ne l’avait fait auparavant. Il n’en fut rien ! L’objet en question devait être plus dense que ce qu’ils croyaient initialement pour résister à Sgr A*. Ghez et sa collègue Anna Ciurlo estiment ainsi que les objets G sont des étoiles entourées d’un cocon de gaz et de poussières.

Ce gaz et cette poussière seraient le fruit…d’une fusion initiale de deux étoiles, opération qui nécessite un million d’années pour aller à son terme et serait “catalysée par les forces de marée proches du trou noir” selon les astrophysiciens.

Une étude menée récemment par Anna Ciurlo et d’autres astronomes révèle la présence de 4 autres objets (G3, G4, G5 et G6) d’aspects similaires également localisés dans un rayon de moins de 0,13 années-lumière autour de Sgr A*. Cependant, les astres G3 à G6 ne sont pas sur des orbites semblables comme le sont G1 et G2, ce qui laisse à penser qu’ils ont des lieux de formation dispersés.

Ce qui survient dans cette partie de l’univers est manifestement sans commune mesure avec les événements qui ont lieu autour de la Terre. Notre planète est “dans la banlieue par rapport au centre de la galaxie, qui est à environ 26 000 années-lumière” explique Ghez. “Le centre de notre galaxie a une densité d’étoiles 1 milliard de fois plus élevée (…) C’est l’endroit où se produit l’astrophysique extrême – la X-sports de l’astrophysique” ajoute-t-il.

Selon lui, cette recherche nous aidera à comprendre ce qui se passe dans la majorité des galaxies.