L’usage d’outils complexes améliorerait les capacités langagières

Selon une recherche de neuroscientifiques européens dont les résultats viennent d’être récemment publiés, l’usage d’outils complexes améliorerait les capacités langagières.

Jusqu’à présent, les scientifiques étaient plus partagés à ce sujet. Des recherches ont par exemple mis en évidence que des zones du cerveau contrôlant des fonctions langagières telles que le traitement du sens des mots sont également impliquées dans le contrôle de la motricité fine. A l’inverse, d’autres suggéraient que le langage est une habileté complexe mobilisant des réseaux cérébraux qui lui sont spécifiquement dédiés.

Les auteurs de cette nouvelle recherche publiée dans la revue Science ont réalisé plusieurs expériences reposant sur un entraînement moteur et des exercices syntaxiques. L’entraînement moteur consistait à l’insertion de petits pions au moyen de l’outil dans des trous adaptés à leur forme. Les chercheurs ont constaté que le “maniement de la pince et les exercices de syntaxe proposés aux participants produisaient des activations cérébrales dans des zones communes, avec une même distribution spatiale, dans une région appelée ganglions de la base.”

Ils ont également soumis les participants à un exercice de compréhension syntaxique avant et après avoir effectué un entraînement moteur, toujours muni de la pince. Le résultat ? La compréhension syntaxique s’est améliorée, comparativement à ce qui a été observé chez les individus d’un groupe contrôle. Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’inverse s’est vérifié. Après s’être exercé à la compréhension syntaxique, les participants à cette recherche se sont montré plus performants pince à la main.

Cocorico, on doit notamment ce travail à des chercheurs de l’Inserm, du CNRS, de l’Université Claude Bernard Lyon 1 et de l’Université Lumière Lyon 2, en collaboration avec le Karolinska Institutet, université médicale basée à Stockholm.

Ces résultats s’inscrivent dans une certaine continuité pour les auteurs de cette recherche. En effet, la même équipe avait déjà démontré déjà en 2018 que des personnes très habiles dans l’utilisation d’outils s’en sortaient en général mieux dans le maniement des subtilités de la syntaxe suédoise.

Les chercheurs réfléchissent maintenant aux différentes façons d’utiliser ces connaissances pour soutenir les compétences langagières de certains jeunes ayant de bonnes facultés motrices, mais qui présentent un trouble développemental du langage (TDL).