Des paraplégiques ont remarché grâce à un implant placé sur la moelle épinière

Grâce à la stimulation électrique, des patients paraplégiques ont pu à nouveau remarcher. Le travail de scientifiques Suisses présenté dans la revue Nature Medecine va légitimement susciter beaucoup d’espoir pour les années à venir chez les paralytiques ainsi que leur entourage.

On doit en l’occurrence cette prouesse à des membres de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Comment les équipes de recherche ont-elles donné la capacité à trois personnes paraplégiques de retrouver l’usage de leurs jambes ?

Elles ont fixé pas moins de 15 électrodes sur la moelle épinière des patients impliqués dans cette recherche, plus précisément  au niveau de la lésion, chacune située près des racines nerveuses des jambes et du tronc. 

Dépourvus de sensations dans leurs jambes à la suite d’accidents, l’implantation a permis de stimuler électriquement plusieurs zones de leur moelle épinière. L’innovation réside essentiellement dans la taille des électrodes sollicitées, plus longues et plus grandes par rapport à celles utilisées lors de précédentes expériences.

L’un des trois patients, l’italien Michel Roccati, a raconté son vécu et la détermination dont il a fait preuve depuis le drame (un accident de moto) dont il a été victime :  

 « Je faisais de la boxe, de la course à pied et de la musculation en salle. Mais après l’accident, je ne pouvais plus faire les choses que j’aimais faire, mais je ne me suis pas laissé abattre. Je n’ai jamais arrêté ma rééducation. Je voulais résoudre ce problème ».

« Les tout premiers pas ont été vraiment incroyables, inespérés !” explique le transalpin qui a commencé à être impliqué dans cette recherche lors de l’été 2020. « Je m’entraîne énormément depuis plusieurs mois. Je fixe mes objectifs. Je peux même monter et descendre des escaliers. Je pense pouvoir franchir 1 km d’ici le printemps” indique-t-il.

Lui et les deux autres patients sont même en mesure de se tenir debout ou de réaliser des mouvements sans la stimulation électrique depuis la mise en place de l’implant.

« Ils sont moins endurants bien sûr, cependant c’est un grand motif de satisfaction, en effet cela signifie que la stimulation est capable de restaurer en partie les fonctions motrices au-delà de l’activation électrique temporaire » précise Grégoire Courtine, le neuroscientifique français Grégoire Courtine qui a conjointement dirigé ce travail de recherche avec la chirurgienne Jocelyne Bloch.

Néanmoins d’autres essais cliniques concluants devront être réalisés avant de pouvoir affirmer que le traitement est efficace.

Le succès de cette recherche a en tout cas radicalement bouleversé (à nouveau) la vie de Michel Roccati : « Je l’utilise tous les jours pendant quelques heures : au travail, chez moi, pour pas mal de choses », a-t-il raconté. « Maintenant, ça fait partie de mon quotidien ».