Des chercheurs redimensionnent des éruptions volcaniques passées

Des modèles numériques avancés développés par des scientifiques floridiens permettent de redimensionner les éruptions volcaniques passées. Les résultats de leur étude ont été publiés dans la revue Nature, Communications, Earth, and Environment.

On doit ce travail au groupe de volcanologie de l’USF (Université de Floride du Sud), l’un des principaux centres mondiaux pour la science volcanique et l’évaluation des risques.

Lorsque surviennent d’importantes éruptions volcaniques, des ombrelles volcaniques se forment, facilitant le transport de grains fins de cendre, qui finissent par se déposer et couvrir de vastes territoires.

Actuellement, les technologies existantes donnent la possibilité aux volcanologues de visualiser en temps réel les nuages de cendres volcaniques. En revanche, les éruptions passées sont caractérisées sur la seule base d’une interprétation géologique des électas volcaniques, aussi appelés téphras, fragments de roche solide expulsés dans l’air ou dans l’eau. Cependant, avec le temps, les sédiments sont susceptibles de s’éroder, rendant difficile le travail des scientifiques et leurs analyses plus incertaines.

Les volcanologues de l’USF ont mis au point un nouveau modèle numérique permettant de réévaluer l’ampleur d’ une éruption qui a eu lieu en Equateur il y a 2 500 ans. Ils proposent un Indice d’Explosivité Volcanique actualisé, l’échelle destinée à mesurer le degré d’explosion des éruptions volcaniques terriennes. Elle inclut le redimensionnement de l’ombrelle volcanique, calcul rendu possible grâce à leurs modèles statistiques et numériques.

Ils ont montré que l’éruption du Pululagua, situé non loin de Quito, a occasionné une ombrelle volcanique d’un rayon de 10 à 14 kilomètres de large et une masse en éruption de 1,5 à 5 X 1011 kilogrammes. Cet événement s’est aussi caractérisé par une colonne d’éruption d’une hauteur d’environ 20 à 30 kilomètres.

Ce type de recherche devrait aussi permettre de prévenir les prochaines activités volcaniques. “Au mieux nous pourrons réévaluer la nature des éruptions passées à partir des données relatives aux dépôts, au plus nous pourrons anticiper les dangers potentiels associés aux futures éruptions explosives”, expliquent les auteurs de cette étude.

L’an passé, 67 éruptions provenant de 63 volcans différents ont été répertoriées sur notre planète.