Confinement : deux polluants ont baissé, mais un autre a augmenté

Si les niveaux de deux polluants atmosphériques ont significativement diminué dans le monde depuis la mise en oeuvre des mesures de confinement, un autre polluant atmosphérique a quant à lui augmenté en Chine.

Deux nouvelles études parues dans la revue Geophysical Research Letters révèlent que la pollution par le dioxyde d’azote a diminué de l’ordre de 60% dans le nord de la Chine, l’Europe occidentale et les États-Unis au début de cette année, par rapport à la même période en 2019. On apprend également que la pollution aux particules fines (particules inférieures à 2,5 microns) a décliné de 35% dans le nord de la Chine.

Pour déterminer l’évolution du niveau de polluant atmosphérique, les scientifiques ont eu recours à des mesures par satellite dans les principaux foyers épidémiques à savoir la Chine, la Corée du Sud, l’Iran, l’États-Unis, l’Italie, l’Espagne, la France et l’Allemagne. 

Ils ont constaté que la pollution par le dioxyde d’azote a baissé en moyenne de 40% dans les villes chinoises et de 20 à 38% en Europe occidentale et aux États-Unis. 

De même, ils ont pu observer que la pollution aux particules fines a diminué en moyenne de 35% après l’instauration du confinement le 23 janvier en Chine. Composées de particules solides et de gouttelettes liquides très petites, les particules fines ont la faculté de pénétrer en profondeur dans les poumons.

“C’est une baisse sans précédent depuis le début de la surveillance de la qualité de l’air par les satellites initiée dans les années 1990” a expliqué Jenny Stavrakou, spécialiste l’atmosphère à l’Institut royal de Belgique pour l’aéronomie spatiale à Bruxelles et co-auteur de l’un des articles. n.

Toutefois, il a aussi été constaté une augmentation de l’ozone troposphérique, un polluant responsable de maladies pulmonaires et cardiaques. Paradoxalement, cet ozone a bondi ces derniers mois. Comment l’expliquer ? Il est tout simplement détruit par le dioxyde d’azote dans les zones très polluées, particulièrement durant la période hivernale. Ainsi, quand le dioxyde d’azote diminue, le niveau de l’ozone troposphérique s’accroît.