Votre animal de compagnie peut vous alerter sur les niveaux de pollution

Des chercheurs ont utilisé des étiquettes pour chiens en silicone dans le but de collecter des informations sur les expositions chimiques auxquelles nous sommes quotidiennement exposés. Une nouvelle preuve que les animaux de compagnie peuvent devenir de véritables sentinelles pour l’homme.

Catherine Wise, doctorante à la North Carolina State University, et 30 autres scientifiques ont recruté 30 chiens et leurs maîtres dans le cadre de cette étude, dont les résultats sont parus dans la revue Environmental Science & Technology. En juillet 2018, les animaux et leurs propriétaires ont chacun porté des moniteurs en silicone. Les premiers avaient des étiquettes échantillonneurs sur leur collier, les seconds quant à eux ont également portaient un dispositif analogue sur leur montre.

“Les appareils de surveillance en silicone sont encore relativement nouveaux, mais ils représentent un moyen économique et efficace de mesurer l’exposition aux produits chimiques, des pesticides aux retardateurs de flamme (NDLR : des additifs suspectés d’être cancérigènes)”, explique Wise.

A l’issue de cette expérience, les chercheurs ont analysé les toxiques environnementaux des échantillonneurs que l’on retrouvent souvent dans le sang et l’urine humaine : les pesticides, les ignifugeants et les phtalates, ces dernier étant notamment présent dans les emballages alimentaires. 

Ils ont observé une corrélation importante entre les niveaux élevés d’exposition aux contaminants chimiques des animaux et ceux de leurs maîtres.

L’analyse d’urine a également révélé la présence d’esters organophosphorés (trouvés dans certains retardateurs de flamme) chez les personnes participant à l’étude ainsi que leurs fidèles compagnons.

En quoi cette expérience s’avère si intéressante sur le plan scientifique ?

“Les effets de l’exposition aux contaminants chimiques qui prennent des décennies à se manifester chez l’homme peuvent à contrario se produire en un à deux ans chez un chien”, explique Wise.

Autrement dit, le meilleur ami de l’homme serait capable de révéler plus vite des risques invisibles.

D’après les estimations de l’OMS, 23 % de la mortalité mondiale est liée à l’environnement.