Beyrouth : une des explosions non nucléaires les plus puissantes

Le 4 août 2020, les explosions qui se sont produites au port de Beyrouth au Liban sont à l’origine de plus de 200 morts tout en ayant occasionné des dégâts considérables. D’après des chercheurs britanniques, c’est l’une des explosions non nucléaires les plus puissantes de l’histoire.

La catastrophe survenue l’été dernier dans la capitale libanaise a suscité une vive émotion à travers le monde. Cela s’explique non seulement par les terribles conséquences sur le plan humain et matériel mais également par le nombre de vidéos qui ont permis à chacun de cerner la détonation et l’onde de choc générées ce jour là en fin d’après-midi.

Les ingénieurs de l’Université de Sheffield au Royaume-Uni se sont intéressés à 16 vidéos capturées à différents endroits de Beyrouth. Ils ont notamment examiné les indices audio, procédé à une analyse vidéo image par image et étudié la taille de la boule de feu pour identifier la nature de l’onde de choc. 

Le cataclysme équivalait selon eux à une détonation de 550 à 1 200 tonnes du célèbre explosif TNT, représentant approximativement 5% de la force de la bombe nucléaire que les Etats-Unis ont largué à Hiroshima en 1945. L’énergie libérée en quelques millisecondes correspond à la quantité d’énergie suffisante pour alimenter plus de 100 foyers durant un an. D’après le département américain de l’énergie, cela équivaut à titre de comparaison à autant d’énergie que 3 millions de panneaux solaires sont capables de produire en une heure. Cet événement a endommagé pas moins de la moitié des bâtiments de la capitale libanaise. Pire, 250 000 à 300 000 personnes se sont retrouvées sans logement à l’issue des explosions.

Parmi les autres explosions non nucléaires d’une puissance considérable, on distingue celle qui s’est produite à Bombay le 14 avril 1944. C’est un cargo chargé notamment de cotons et de munitions qui en est à l’origine, occasionnant de 800 à 1 300 morts dans la capitale indienne. En 1917, la collision entre un navire norvégien et un cargo français avait quant à elle induit une détonation d’une puissance équivalente à 2 900 tonnes de TNT.

A Toulouse, le 21 septembre 2001, ce sont 20 à 120 tonnes de nitrate d’ammonium qui ont explosé selon les estimations, contre 2 750 tonnes sur le port de Beyrouth.