Une chemise qui stocke l’énergie du corps humain

Un prototype de vêtement innovant a été développé par des chercheurs de l’Université de San Diego. Sa particularité est d’être pourvu d’un système capable de collecter et d’exploiter l’énergie biomécanique et biochimique du corps.

Les résultats de cette recherche ont été publiés le 9 mars 2001 dans la revue scientifique Nature Communications. Le vêtement sur lequel ont travaillé les scientifiques californiens a la faculté de récupérer l’énergie biomécanique et biochimique du corps dans le but alimenter de petits appareils.

Dans le détail, le textile conçu par les nano-ingénieurs est doté de générateurs de type triboélectrique, qui utilisent l’énergie statique produite par la friction entre les bras et le torse pendant la marche ou la course. S’inscrivent également dans ce “micro-réseau portable” des condensateurs qui garantissent la délivrance d’un courant stable. En effet, les générateurs triboélectriques présentent l’inconvénient de fonctionner par à-coups.

Les cellules biocombustibles qui récoltent l’énergie de la sueur se trouvent à l’intérieur du textile, au niveau de la poitrine. Les générateurs triboélectriques dont le rôle est de convertir en électricité l’énergie inhérente par le mouvement, sont quant à situés à l’extérieur de la chemise, sur les avant-bras et les côtés du torse, près de la taille.

Les auteurs de cette recherche ont analysé les performances de leur prototype dans le cadre d’une session d’une durée de 30 minutes (10 minutes de repos auxquelles ont succédé minutes d’exercice et 20 minutes de repos). Durant cette courte expérience, le textile a réussi à alimenter une montre LCD ou un afficheur électrochrome.

“A l’image d’un micro-réseau urbain constitué d’une variété de sources d’énergie locales et renouvelables comme le vent et le soleil, un micro-réseau portable intègre des dispositifs qui captent localement l’énergie de différentes parties du corps, comme la sueur et le mouvement, tout en contenant un stockage d’énergie” a expliqué le co-premier auteur Lu Yin, étudiant en doctorat de nano-ingénierie à la Jacobs School of Engineering de l’UC San Diego.