Un premier échantillon martien bientôt collecté par Perseverance

Le fameux rover Persévérance qui poursuit son exploration martienne va prochainement endosser le rôle de mineur sur la planète rouge. Il aura notamment pour mission de collecter un échantillon qui sera ramené sur Terre dans les années 2030.

L’opération d’échantillonnage sera effectuée par le bras robotisé de 2 mètres dont est pourvu l’astromobile. Ce prélèvement aura lieu dans une zone du cratère Jézéro, qui abrite les vestiges d’un ancien delta du fleuve. Le site de forage et de collecte est loin d’être le fruit du hasard, en effet des traces de formes de vie, aujourd’hui disparues, ou des sédiments sont susceptibles d’être découverts dans le lac asséché du cratère. La roche récupérée fera l’objet d’un stockage au sein d’un réceptacle scellé, devant être récupérée à l’occasion de la mission au nom équivoque Mars Sample Return.

L’opération sera achevée en environ 11 jours, une éternité en comparaison aux 3 minutes et 35 secondes qu’il a fallu à Neil Armstrong pour collecter le premier échantillon lunaire le 20 juillet 1969. Au cours de sa mission de deux ans, Persévérance a pour fonction de collecter pas moins d’une quarantaine d’échantillons.

Ils ne serviront pas tous à déterminer si la vie s’est bien manifestée sur cet astre “et nous ne nous attendons pas à ce que ce premier échantillon fournisse une preuve définitive d’une manière ou d’une autre” de la vie passée a expliqué Ken Farley, scientifique du projet Persévérance au California Institute of Technology.

Le rover a déjà apporté de nombreuses informations aux scientifiques ces dernières semaines. Une petite colline de roches stratifiées appelée Artuby – en hommage à une rivière du sud de la France – suscite particulièrement leur intérêt. Les roches semblent s’être formées dans le lac lui-même, sans doute la boue du lac qui s’est transformée en roche au fil du temps. Ces roches paraissent à leurs yeux très importantes dans la mesure où elles pourraient contenir des preuves de vie ancienne ou même de microfossiles.

L’éloignement considérable de Mars induit un délai dans les communications qui varie de 8 à 20 minutes. C’est l’une des principales difficultés auxquelles les scientifiques sont confrontées dans le cadre de cette mission.