Qu’est-ce que la sérendipité ?

La sérendipité : ce mot pourrait à lui seul remplir des chapitres entiers de l’histoire des sciences. Et pourtant, sa définition est, au final, assez simple : c’est juste un coup de chance, en quelques sortes.

L’aiguille et la fermière

La sérendipité, en science, c’est le fait de faire de manière inopinée une découverte dont l’importance dépasse de loin ce que l’on cherchait. C’est un hasard heureux.

Et loin de donner lieu à des découvertes anecdotiques, la sérendipité a rempli des chapitres entiers de l’histoire des sciences. Comme Alexander Flemming qui découvre, de retour de voyage, qu’un champignon a contaminé un de ses échantillons. Plutôt que de le jeter, il regarde dans son microscope, et constate que le fugus peut tuer les bactéries. L’antibiotique est né.

Ou Willem Roetgen, un physicien qui découvre par hasard qu’un tube cathodique émet de la lumière même enfermé dans une boîte. Il décide de plaquer le tube contre la main de son épouse (avec son accord), et prend une photo qui devient la première radio.

La sérendipité ne serait-elle que le fruit du hasard ? Non. Si effectivement, la découverte est la plupart du temps fortuite, encore faut-il la remarquer, et saisir son importance. Ce qui nécessite une certaine tournure d’esprit et un bagage scientifique ou technique.

Une très bonne définition de la sérendipité est celle donnée par Julius H Comroe, un physiologiste américain, qui disait « La sérendipité, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin et trouver une fille de fermier ».

Certains spécialistes font le distinguo entre la sérendipité, qui consiste à trouver accidentellement ce qu’on ne cherche pas, et la pseudo-sérendipité, qui est de trouver accidentellement ce que l’on cherche. L’exemple le plus célèbre de pseudo-sérendipité est celui d’Archimède, qui a découvert par hasard le principe qui porte son nom et qu’il cherchait depuis longtemps.