Production d’hydrogène vert au Japon, une alternative aux combustibles fossiles

Signataire de l’accord de Paris, le Japon ambitionne d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Pour y parvenir, l’archipel souhaite tirer profit de combustibles plus écologiques et compte notamment mettre en œuvre ces prochaines années un projet de production d’hydrogène propre.

Le pays du soleil levant ne dispose pas d’une grande quantité de ressources en combustibles fossiles, il dépend ainsi grandement des importations de gaz naturel liquéfié (GNL), de charbon et d’énergie nucléaire, dont la production a été considérablement réduite depuis la catastrophe de Fukushima.

Ses autorités ont déjà beaucoup investi dans l’hydrogène, excellent combustible qui ne génère pas de CO2 lorsqu’il est brûlé mais uniquement de la vapeur. Ce pays recourt tout de même à du gaz naturel et du pétrole pour la production d’hydrogène, obtenu sous forme liquide ou de gaz comprimé. Notamment exploitée dans certaines centrales électriques et dans les micro-piles à combustible des bâtiments résidentiels, cette ressource reste jusqu’à présent très coûteuse à produire.

Le Japon soutient une chaîne d’approvisionnement en hydrogène en provenance de l’Australie, projet baptisé Hydrogen Energy Supply Chain (HESC). Il s’agit de mettre au point de l’hydrogène puis de le liquéfier dans l’Etat de Victoria. Pour ce faire, il convient d’extraire du lignite, un type de charbon qui représente une véritable alternative économique, en dépit des coûts qu’implique son transport entre les deux pays. 

C’est le navire Suiso Frontier qui aura la charge de transporter l’hydrogène liquéfié produit sur le “Sixième Continent”. Après avoir récupéré le tant convoité combustible, ce bateau mettra le cap vers une île artificielle localisée près de Kobe.

Le processus s’avère assez complexe, en effet l’hydrogène nécessite d’être liquéfié et par conséquent refroidi pour pouvoir être acheminé par bateau, ce qui nécessite une consommation d’énergie très importante. Quid des vertus écologiques ?

L’initiative CarbonNet d’origine australienne permettrait d’enfouir le CO2 capturé lors de la production sous le fond marin près de Victoria. Tout le monde n’est pourtant pas dithyrambique à l’égard du projet HESC.

“Même avec les méthodes de capture et de stockage du carbone, il ne peut être considéré comme de l’hydrogène vert”, a déclaré Shigeru Muraki, un cadre de Tokyo Gas, bien plus favorable à l’investissement dans le carburant à l’ammoniac.

Nicholas Aberle, du groupe de campagne Environment Victoria redoute quant à lui une production commerciale de cet hydrogène sans capture du dioxyde de carbone.