Perseverance : tout ce qu’il faut savoir sur la mission martienne

Mission accomplie pour Perseverance ! La mission martienne a réussi son atterrissage sur Mars, et les premières vérifications de la NASA indiquent que tous les systèmes semblent bien fonctionner. Voici quelques informations pour suivre au mieux la mission dans les semaines et mois qui vont suivre.

Qui est derrière la mission Persévérance ? La mission Persévérance est une mission de la NASA. Elle est pilotée depuis le Jet Propulsion Laboratory (JPL), un centre de recherche de la NASA dirigé par l’université Caltech et située à Pasadena, en Californie. C’est depuis le JPL que sont pilotées toutes les missions spatiales automatisées, de Perseverance jusqu’aux sondes Voyager.

Perseverance embarque également du matériel venant de plusieurs pays. Un analyseur dynamique d’environnement provenant d’Espagne, un radar d’imagerie de la surface martienne norvégien, et la “supercam”, instrument capable de reconnaître visuellement la nature des roches et la présence de traces de vie, qui est française !

Vue en coupe d’un tube de prélèvement d’échantillons.

Les objectifs de Persévérance. Le rover Mars 2020 Perseverance va explorer une région de Mars où l’environnement ancien a pu être favorable à la vie microbienne, en sondant les roches martiennes à la recherche de preuves de vie passée.

Persévérance emportera un sous-système entièrement nouveau pour collecter et préparer les roches et les échantillons de sol martiens, qui comprend une carotteuse sur son bras et un rack de tubes à échantillons. Une trentaine de ces tubes d’échantillonnage seront déposés à des endroits choisis en vue d’un éventuel retour sur Terre lors d’une future mission de prélèvement d’échantillons.

Dans des laboratoires sur Terre, des échantillons provenant de Mars pourraient être analysés afin de trouver des preuves d’une vie passée sur Mars et des risques éventuels pour la santé lors de futures missions humaines.

Enfin, Persévérance est équipée d’un micro : pour la première fois, on pourra entendre Mars.

Le retour d’échantillons. Persévérance a prévu de collecter des échantillons sur Mars, mais n’a pas les moyens de les ramener sur Terre. C’est le rôle d’une seconde mission dédiée… Qui n’existe pas encore. En effet, comme l’ont fait remarquer les ingénieurs de la NASA, il n’aurait servi à rien de dépenser des milliards dès maintenant dans une mission qui se serait avérée caduque si Persévérance venait à échouer. Dès que le centre de commandes du JPL a reçu le « bip » signalant que tout allait bien, les ingénieurs de la NASA se sont mis au travail sur le retour d’échantillons. La partie le plus difficile de la mission sera… de trouver le financement.

La presse parle plus du Covid que de Perseverance. C’est vrai. Et c’est pour cela que vous pouvez consulter ce site : https://mars.nasa.gov/mars2020/multimedia/images/ qui vous fournira en direct toutes les images, vidéos, et sons provenant de Persévérance, au fur et à mesure de leur téléchargement (dossier “Raw images”). A noter que les documents sont directement téléchargés sur le site en même temps que sur les ordinateurs de la NASA, sans intervention humaine, en temps réel.

Première image transmise par Perseverance une minute après le contact au sol. Le déploiement de la grande antenne permettra des images de plus haute définition par la suite.

D’ailleurs, Perseverance ne risque pas d’amener le Covid sur Mars ? Déjà, pour transmettre une maladie, il faudrait qu’il y ait quelque chose à contaminer. Ensuite, tous les éléments destinés à se poser sur le sol martien ont été soigneusement décontaminés. La mission doit chercher de la vie sur Mars, le pire qu’il pourrait se passer est qu’elle en apporte elle-même. Rien que la décontamination du rover a coûté cinq millions de dollars.

Il y a une caméra sportive à bord ? La NASA a en effet souhaité tenter l’expérience d’arrimer une caméra GoPro à la sonde pour filmer l’atterrissage. Jusqu’ici, aucune mission n’avait pu filmer cette phase. On saura si cela a réussi lorsque l’antenne haut débit de Perseverance sera déployée.

Persévérance est pilotée depuis la Terre ? Oui, et non. Les informations de Perseverance mettent en moyenne 8 minutes pour parvenir jusqu’au JPL, et les instructions de ce dernier autant de temps à retourner à la sonde. Perseverance est donc en grande partie autonome, pilotée par un programme de plusieurs millions de lignes de code. En septembre 2021, le soleil se trouvera entre Mars et la Terre, coupant les communications. Perseverance devra donc gérer sa mission en totale autonomie durant presque un mois.

Pourquoi les ingénieurs parlent-ils en « sol » ? le sol est la durée du jour martien, soit 24 H et 37 minutes. Par commodité, puisque la mission doit tenir compte des cycles jour et nuit sur la planète rouge, les ingénieurs comptent l’écoulement du temps de mission selon le calendrier martien et en nombre de jours selon la mission. Sol 0 correspond au jour de l’atterrissage, sol 1 au lendemain, etc. par commodité, les journées sur mars sont comptabilisées en cycles de 24 H, mais les secondes martiennes sont un peu plus longues (1 seconde martienne vaut 1,028 secondes terrestres).

C’est normal que le rover soit si lent ? Effectivement, le rover avance de quelques centaines de mètres par jour. Et c’est normal. Aller vite n’a absolument aucune utilité. En revanche, aller très lentement permet d’éviter les vibrations et les à-coup, et donc de préserver le matériel.

Le premier vol sur Mars. Persévérance embarque un hélicoptère télécommandé, qui aura pour mission de voler sur Mars. C’est son seul objectif primaire : vérifier qu’un engin peut voler sur la planète rouge, l’atmosphère y étant beaucoup plus ténue, et donc moins porteuse que sur Terre. Si sa mission est réussie, ce drone pourra servir à faire du repérage, de la cartographie et des photos, mais ces missions sont considérées comme « bonus » par la NASA.

Et si persévérance trouvait des traces de vie sur Mars ? Ce serait la plus grande découverte de l’histoire de l’exploration spatiale, et sans doute de l’histoire de l’humanité : la preuve que la vie sur Terre n’est pas une exception, qu’elle peut apparaître ailleurs, et que, sans doute nous ne sommes pas seuls.

Tout cela est du gaspillage d’argent, pourquoi ne pas consacrer ce budget à l’écologie ? C’est le cas. Les missions spatiales, outre le fait de nous en apprendre plus sur le système solaire et la formation des planètes, permettent de collecter des données précieuses d’autres planètes en comparaison avec la nôtre. C’est l’exploration de Venus qui nous a appris ce qu’était « l’effet de serre », et l’exploration de Mars, planète morte, en apprendra beaucoup aux scientifiques sur ce qui s’est passé et, par ricochet, leur donnera des éléments qui permettront d’éviter que cela se reproduise sur Terre.

Bonus : on dit « atterrissage » ou « amarissage » ? On dit atterrissage. Un certain débat a eu lieu pour savoir si l’on devait adapter ce nom à l’astre sur lequel on se posait. Mais certains objectifs ont mis en perspective des difficultés. Atitanissage est franchement complexe pour le satellite de Saturne, et Aeurossage un peu étrange pour la lune glacée de Jupiter. Finalement, le consensus a décidé qu’atterrissage ferait aussi bien l’affaire, « terre » dans le terme ne se référant pas à l’astre, mais à la notion de sol.