Passer beaucoup de temps dans l’espace induit des dommages au cerveau

Selon une récente étude présentée par des scientifiques officiant en Suède, rester longtemps dans l’espace semble occasionner des dommages au cerveau. 

Ces chercheurs ont suivi cinq cosmonautes de nationalité russe œuvrant sur la Station Spatiale Internationale (ISS) qui se trouve en orbite à 400 km de la surface de la Terre.

Des échantillons de sang ont été prélevés sur les astronautes 20 jours avant leur départ vers l’ISS. Ils ont ensuite passés en moyenne 169 jours à bord de ce vaisseau. Leur âge moyen s’élevait à 49 ans. Les participants ont également fait l’objet de prélèvements sanguins à leur retour sur la planète bleue, et ce à trois reprises :

  • un jour après l’atterrissage
  • une semaine après l’atterrissage
  • trois semaines après l’atterrissage

« C’est la première fois qu’une preuve concrète de lésions des cellules cérébrales est documentée dans des analyses sanguines réalisées à la suite de vols spatiaux. Nous devrions approfondir nos connaissances en la matière et parvenir à prévenir ce genre de méfaits si les voyages dans l’espace doivent devenir plus fréquents à l’avenir », a commenté Henrik Zetterberg, professeur de neurosciences et l’un des deux coauteurs principaux de l’étude. 

« Nous devons nous entraider pour découvrir pourquoi ces problèmes existent. S’agit-il de l’apesanteur, de changements dans le liquide cérébral ou de facteurs de stress associés au lancement et à l’atterrissage, ou bien est-ce que ces méfaits sont liés à d’autres choses ? Des tonnes d’expérimentations passionnantes sur les humains peuvent être mises en oeuvre déjà ici sur Terre », ajoute Zetterberg.

Publiée dans la revue scientifique JAMA, cette étude a non seulement mobilisé le travail des scientifiques de l’université de Goteborg, celui des cosmonautes russes ainsi que des scientifiques de l’Institut de neurosciences et de physiologie de l’Académie Sahlgrenska. Cinq biomarqueurs de lésions cérébrales ont été examinés par les scientifiques, à savoir deux protéines bêta-amyloïdes, la protéine acide fibrillaire gliale (GFAP), la lumière des neurofilaments (NFL) et la protéine tau totale (T-tau). Les concentrations étaient très élevées pour les biomarqueurs NFL, GFAP et la protéine bêta-amyloïde Aβ40.

Les effets néfastes sur le corps de longues périodes dans l’espace sont connus depuis un certain temps. Les changements négatifs incluent des muscles atrophiques, une diminution de la masse osseuse, une détérioration de la vision et une altération de la flore bactérienne dans l’intestin.