La consommation quotidienne d’alcool, facteur aggravant pour les personnes souffrant de troubles rythmes cardiaques

Une étude récente révèle qu’une consommation très régulière de boissons alcoolisées ferait courir des risques importants pour la santé des personnes souffrant de troubles du rythme cardiaque.

La recherche menée en Corée-du-Sud porte sur 9 411 patients atteints de fibrillation auriculaire de 18 hôpitaux tertiaires situés dans toutes les régions géographiques du pays.

Les patients ont été répartis en quatre groupes en fonction de leur consommation hebdomadaire d’alcool :

  1. Les abstinents ou consommateurs rares (0 gramme d’alcool/moins d’une boisson) : 79,2% de la cohorte
  2. Les consommateurs légers (moins de 100 grammes/7 boissons) : 8,4% de la cohorte
  3. Les consommateurs modérés (100-200 grammes/7-14 boissons) : 3,7% de la cohorte
  4. Les consommateurs lourds (200 grammes/14 boissons ou plus) : 8,7% de la cohorte

Ils ont été suivis sur une période médiane de 17,4 mois pour des risques de développer divers événements indésirables tels que des embolies systémiques et des accidents vasculaires cérébraux.

Les taux d’incidents observés étaient respectivement de 6,73, 5,77, 6,44 et 9,65 chez les abstinents/ consommateurs rares, légers, modérés et lourds de boissons alcoolisées. Une augmentation de 32% des risques d’événements indésirables a été constatée chez les patients du 4ème groupe par rapport aux patients du premier groupes.

En revanche, il n’a pas été observé de risques plus significatifs pour les consommateurs lourds comparativement aux patients des groupes 2 et 3, à savoir les consommateurs d’alcool qualifiés de légers à modérés.

“Notre étude suggère que les patients atteints de fibrillation auriculaire devraient éviter une consommation excessive d’alcool pour prévenir les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et autres complications”, a commenté l’auteur, le Dr Boyoung Joung de la faculté de médecine de l’Université Yonsei, située dans la capitale sud-coréenne.

Cette étude a livré d’autres enseignements. L’impact sur la santé d’une consommation excessive d’alcool est manifestement plus important chez les patients qui présentent un faible risque d’AVC comparativement à leurs homologues qui sont davantage considérés à risque. Des risques plus élevés ont en outre été observés chez les patients ne prenant pas de bêta-bloquants ou de médicaments antiplaquettaires par rapport à ceux qui en prennent. Les résultats de ces travaux ont été publiés dans un journal de la Société européenne de cardiologie (ESC) appelé EP Europace.

Selon la revue médicale Réalités Cardiologiques, on comptait en France en 2010 environ 750 000 personnes concernées par cette pathologie, également appelée la fibrillation atriale. Les patients qui en souffrent ressentent généralement des palpitations, des essoufflements et des sensations de pression dans la poitrine. Cela étant, la fibrillation auriculaire peut rester asymptomatique.