De la sueur pour produire de l’électricité

Des scientifiques ont mis au point une biopile adhérant à la peau, qui a la faculté d’alimenter une LED en continu. Pour ce faire, elle produit de l’énergie électrique en transformant les composés présents dans la transpiration humaine.

Cette innovation est le fruit d’une collaboration entre des spécialistes de la bio-électrochimie du Département de chimie moléculaire (CNRS/Université Grenoble Alpes), et des chercheurs de l’Université de Californie à San Diego, experts en nanomachines, biocapteurs et nanobioélectronique. Leurs résultats ont été publiés dans la revue scientifique Advanced Functional Materials le 25 septembre 2019.

La biopile prend la forme d’un tissu conducteur flexible associant des nanotubes de carbones, polymères et enzymes reliés entre eux par des connecteurs extensibles imprimés sur le tissu. Quelle réaction produit l’énergie chargée d’alimenter la diode ? C’est tout simplement la réduction de l’oxygène et l’oxydation du lactate, produit lors d’un effort musculaire. Cette biopile étirable et extensible a ainsi la capacité d’allumer une LED sans interruption via la connexion d’un amplificateur de tension, si l’activité physique est “assez conséquente” selon ses concepteurs.

Son coût est essentiellement fonction de la production d’enzymes, ainsi la biobatterie s’avère économique à produire. Ce type de dispositif pourrait être mis à profit dans le cadre de la surveillance médicale et sportive et se substituer aux piles à combustible au platine qui alimentent encore de nombreux équipements portables. L’un des chercheurs du CNRS imagine notamment un “petit appareil électronique qui pourrait mesurer la concentration en lactate ou en glucose”.