Aux Etats-Unis, des animaux et des plantes migrent vers le nord suite aux réchauffements hivernaux

Selon une étude de chercheurs de l’Université de Berkeley, le réchauffement climatique est à l’origine du déplacement de diverses espèces de plantes et d’animaux du sud vers le nord des Etats-Unis.

En dépit de la vague de froid qui a frappé les Etats de Louisiane et du Texas en février le mois dernier, le changement climatique entraîne globalement un réchauffement des températures hivernales dans tout le sud des États-Unis. Conséquence directe de ce phénomène : des reptiles, des poissons, des insectes ainsi que des plantes migrent vers le nord.

Que des mammifères charmants tels que le Lamantin de Floride et les tortues de mer étendent leur aire de répartition le long de la côte Atlantique, cela ne semble en théorie pas poser de problème. En revanche, les scientifiques regrettent dores et déjà la migration d’espèces plus indésirables. Nous songeons en premier lieu aux coléoptères, responsables de la destruction des arbres indigènes et aux moustiques porteurs de maladies telles que la dengue, la fièvre jaune, le virus du Nil occidental ou encore le Zika.

Il s’agit aussi du très envahissant Python birman, qui a posé ses valises depuis quelques temps en Floride. Une étude parue en 2015 a révélé que ces reptiles avaient exterminé 77% des lapins des marais introduits dans le Parc National des Everglades pour des études scientifiques.

Parmi les autres espèces envahissantes identifiées dans des régions qu’elles n’avaient pas l’habitude de fréquenter, on compte les poivriers brésiliens, les herbes à buffles et les rainettes cubaines.

L’étude, menée par une équipe de 16 scientifiques dirigée par l’U.S. Geological Survey (USGS), s’est concentrée sur les effets que le réchauffement des hivers aura sur le mouvement de nombreux  plantes et animaux tropicaux sensibles au froid dans le sud des États-Unis, en particulier dans les huit États continentaux subtropicaux du pays à savoir l’Alabama, le Mississippi, la Floride, la Louisiane, le Texas, le Nouveau-Mexique, l’Arizona et la Californie. 

Selon, Caroline Williams, co-auteur de ce travail de recherche et professeur associé de biologie intégrative à l’université de Berkeley, il est très clair que les évolutions climatiques hivernales sont “l’un des principaux, si ce n’est le principal” moteurs de ces écosystèmes bouleversés. Cette étude a été publiée pour la première fois dans la revue scientifique Global Change Biology.