Un signal capté en provenance d’une exoplanète gazeuse

Il pourrait s’agir de la toute première émission radio détectée d’une planète se trouvant en dehors de notre système solaire. Des scientifiques ont en effet révélé dans la revue Astronomy & Astrophysics avoir identifié des ondes radio dans une constellation boréale éloignée de 40 à 100 années-lumière de notre planète bleue. 

L’équipe de recherche est dirigée par Jake D. Turner, chercheur postdoctoral de l’Université de Cornell aux Etats-Unis. Il a notamment été soutenu dans son travail par deux français, à savoir Philippe Zarka de l’Observatoire de Paris – Université Paris Sciences et Lettres et Jean-Mathias Griessmeier de l’Université d’Orléans. D’autres scientifiques ont fait partie intégrante du projet, ce sont Ray Jayawardhana, le doyen du Collège des arts et des sciences et conseiller postdoctoral de Turner, Harold Tanner, professeur d’astronomie, Joseph Lazio du Jet Propulsion Laboratory de la NASA,  J. Emilio Enriquez et Imke de Pater de l’Université de Californie, Julien N. Girard de l’Université de Rhodes en Afrique du Sud ainsi que Jonathan D. Nichols de l’Université de Leicester en Angleterre. 

Ces chercheurs suggèrent que ces ondes trahiraient la présence d’une exoplanète au sein d’une constellation boréale appelée Boötes, la constellation du Bouvier en Français. Cette découverte a été permise grâce à l’exploitation du radiotélescope LOFAR (pour LOw Frequency ARray, ou « grille à basse fréquence), un télescope ayant la capacité d’observer de la lumière à basse énergie, contrairement à ses homologues optiques.

L’astre que l’on soupçonne d’émettre le signal est assimilable à un “Jupiter chaud”, une exoplanète géante gazeuse proche de son étoile “τ Boötes b”. Cela laisse supposer que l’astre en question posséderait un champ magnétique.

Il y a deux ans, cette équipe de chercheurs avait fait appel au même télescope pour examiner la véritable planète Jupiter. Les émissions radio en provenance de la plus grosse planète de notre système solaire ont été utilisées pour voir à quoi pourraient ressembler des signaux émanant d’un astre lointain semblable à notre géante gazeuse.

Pour autant, cette signature ne constitue pas une preuve absolue de la présence d’une exoplanète dans cette constellation du Bouvier, l’hypothèse doit être vérifiée à la faveur d’autres observations.

“Si l’observation est confirmée, cette détection radio ouvre une nouvelle fenêtre à la recherche, nous donnant une nouvelle façon d’étudier les mondes extraterrestres situés à des dizaines d’années-lumière de nous”, indique Ray Jayawardhana.