Un médicament pour booster la connectivité cérébrale ?

Découvrez comment un médicament peut booster la connectivité cérébrale grâce à une étude récente publiée dans Biological Psychiatry: Cognitive Neuroscience and Neuroimaging !

Des troubles cognitifs accompagnent souvent les troubles de l’humeur et autres conditions psychiatriques, avec des effets débilitants. Bien que des traitements existent, ils sont limités. Des études sur des animaux et des humains ont pointé du doigt des médicaments tels que le laxatif prucalopride activant les récepteurs de la sérotonine comme une thérapie potentielle pour les symptômes. Cependant, on ne sait pas encore comment ce médicament affecte l’activité cérébrale au repos. Une nouvelle étude, publiée dans Biological Psychiatry: Cognitive Neuroscience and Neuroimaging, examine les effets de ce médicament sur des adultes humains sains.

Les récepteurs de la sérotonine de type 5-HT4

Le prucalopride active les récepteurs de la sérotonine de type 5-HT4, que l’on trouve dans différentes régions du cerveau, notamment le cortex frontal, les ganglions de la base, et l’hippocampe, qui sont connues pour jouer un rôle dans les fonctions cognitives et la régulation de l’humeur. Les récepteurs de la sérotonine sont souvent ciblés par les médicaments antidépresseurs, mais la résolution des troubles de l’humeur ne résout pas toujours les symptômes cognitifs.

La recherche a consisté en l’enrôlement de 50 volontaires sains, la moitié ayant reçu une cure de six jours de prucalopride, l’autre moitié ayant reçu un placebo. Les participants ont subi une imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, y compris une « imagerie de repos » durant laquelle ils se sont reposés dans l’appareil.

Les participants ayant reçu le médicament ont présenté une meilleure connectivité fonctionnelle entre leurs réseaux cognitifs au repos, notamment entre le réseau exécutif central, un réseau cérébral utilisé pour traiter les pensées, et le cortex cingulaire postérieur et antérieur (ACC), des régions régulant le traitement de l’information et l’attention dans le cerveau. Les participants ayant reçu le médicament ont également présenté une meilleure connectivité entre les régions de l’ACC et le cortex occipital latéral, une région qui nous aide à prêter attention aux objets qui comptent. En outre, les participants sous médication ont présenté une diminution de la connectivité entre les régions du réseau de mode par défaut, un réseau cérébral activé pendant les divagations mentales.

Cette étude fournit donc des preuves supplémentaires que le prucalopride a un effet sur les zones du cerveau qui améliorent les fonctions cognitives.

Le prucalopride est une piste prometteuse pour traiter les troubles cognitifs en accompagnement des troubles de l’humeur et des autres troubles psychiatriques. Cependant, les études sur des volontaires sains ne sont pas toujours corrélées avec une réussite d’efficacité chez les patients atteints de troubles anxieux ou de l’humeur.

Camelia

Camelia

La science nous permet d'appréhender notre environnement avec rationalité, mais j'ai toujours à cœur de remettre de l'humain dans cette grille de lecture. Notre planète, nos écosystèmes, notre santé, tous ces sujets me passionnent et je les partage avec vous au fil de mes articles. Je vis à Paris avec mes bottes toujours à proximité pour m'échapper à la moindre occasion.

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