Les tomates cuites réduisent le risque de cancer de la prostate

S’il n’existe pas d’aliments anticancer, des spécialistes s’accordent à dire que certains ont la faculté de diminuer le risque de la maladie. Une étude parue fin février tend d’ailleurs à prouver que la consommation de tomates cuites et conditionnées en conserve limiterait le risque de cancer de la prostate.

Pour arriver à cette conclusion, des chercheurs de la Loma University Health, un centre médical californien, ont suivi pendant près de huit ans une cohorte de 28 000 hommes.

Les participants, des personnes membres de l’église Adventiste du septième jour, se sont soumis à un questionnaire auto-administré portant sur leur alimentation. Ils ont dû notifier le nombre de fois qu’ils avaient consommé tel ou tel aliment, parmi plus de 200 références, boissons comprises.

Aucun de ces hommes ne souffrait d’un cancer lors du début de l’étude. À l’issue de l’expérience, 1 226 d’entre eux avaient reçu un diagnostic de cancer de la prostate, dont 355 cas agressifs.

Les résultats de l’étude Adventist Health-2, parue dans la revue Cancer Causes and Control, sont significatifs selon l’un des auteurs, Gary Fraser. Ils démontrent que les hommes qui consommaient des tomates cuites et en conserve 5 à 6 fois par semaine ont 28% de chances en moins de développer un cancer de la prostate par rapport à leurs homologues qui ne s’alimentent jamais avec ce fruit.

Selon Fraser, la statistique se vérifie aussi après ajustement statistique sur l’origine ethnique, l’éducation, l’obésité, les niveaux d’exercice, la consommation d’alcool et d’autres facteurs différenciant.

Bien que toutes les tomates et les produits à base de tomates contiennent du lycopène, des études ont montré que le lycopène est absorbé à des taux différents en fonction du produit consommé. La biodisponibilité du lycopène est plus élevée lorsque les tomates ont été chauffées ou cuites, et de surcroît lorsqu’elles sont cuites avec de l’huile. Des recherches antérieures menées dans le cadre de l’Adventist Health Study ainsi que d’autres études suggèrent qu’un apport élevé en lycopène est associé à un risque réduit de cancer de la prostate

Aux États-Unis, on estime que 165 000 nouveaux cas de cancer de la prostate sont diagnostiqués chaque année et près de 30 000 personnes sont décédées des suites de cette maladie pour la seule année 2018. En France, 50 430 cas auraient été diagnostiqués en 2005.