La consommation important de viande cuite favorise l’asthme infantile

Une consommation importante de viande cuite favoriserait les problèmes respiratoires chez l’enfant. C’est la conclusion d’une étude menée par des chercheurs aux Etats-Unis, dont les résultats sont parus en décembre dans la revue Thorax.

Les auteurs de ce travail évoluent à la Mount Sinai School of Medicine (Icahn), un centre médical situé à New-York sur la 5ème avenue. Ils ont étudié les données portant sur 4 388 enfants âgés de 2 à 17 ans issues de l’enquête nationale d’examen de la santé et de la nutrition (NHANES) de 2003-2006. Celle-ci enquête est mise en œuvre dans le but d’évaluer la santé et l’état nutritionnel des adultes et des enfants aux États-Unis par le biais d’entretiens et d’examens physiques, elle émane des CDC (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies).

Les scientifiques ont voulu déterminer les associations entre les composés pro-inflammatoires appelés produits finaux de glycation avancée (AGE) libérés lors de la consommation de viande cuite, la fréquence de consommation de viande et les symptômes respiratoires.

“Nous avons constaté qu’une consommation plus importante de produits alimentaires AGE, qui sont en grande partie dérivés de la consommation de viandes cuites (hors fruits de mer), était associée à un risque accru de respiration sifflante chez les enfants, indépendamment de la qualité globale du régime alimentaire ou d’un diagnostic établi d’asthme”, explique Jing Gennie Wang, MD, auteur principal de l’étude, et ancien chercheur en médecine pulmonaire, soins intensifs et médecine du sommeil à l’école Icahn.

La respiration sifflante (wheezing) désigne un trouble pulmonaire qui se manifeste fréquemment chez les publics victimes d’asthme. La prévalence de l’asthme infantile a augmenté au cours des dernières décennies aux Etats-Unis. Les chercheurs ont découvert que les habitudes alimentaires établies plus tôt dans la vie peuvent être associées à une respiration sifflante et potentiellement au développement futur de l’asthme.

“La recherche visant à identifier les facteurs alimentaires qui influencent les symptômes respiratoires chez les enfants est importante, car ces risques sont potentiellement modifiables et peuvent aider à orienter les recommandations en matière de santé. Nous espérons que nos conclusions éclaireront les futures études longitudinales afin de déterminer si ces composants alimentaires spécifiques jouent un rôle dans les maladies des voies respiratoires des enfants telles que l’asthme”, a ajouté Sonali Bose, MD, auteur principal et professeur adjoint de pneumologie, de soins intensifs et de médecine du sommeil et de pédiatrie à l’école Icahn.

Les aliments frits et hautement transformés sont riches en AGE. Si les faibles niveaux d’AGE ne semblent pas être nocifs pour la santé, des niveaux élevés occasionnent un stress oxydatif et une inflammation. Parmi les professionnels de santé, beaucoup demandent que ces composés nocifs deviennent un marqueur de la santé globale.