La menace d’un supervolcan toujours présente

L’éruption du Cumbra sur l’île espagnole de La Palma a occasionné l’évacuation de nombreux habitants  aux Canaries. Un événement qui n’a rien de comparable au désastre que pourrait entraîner le réveil d’un supervolcan, phénomène dont le risque de survenir n’est pas nul selon des scientifiques.  

Selon le professeur d’origine australienne Martin Danišík, les supervolcans sont fréquemment rentrés en éruption à plusieurs reprises, avec certes des intervalles de dizaines de milliers d’années entre chaque éruption. Ce qu’il advient lors des périodes dites de dormance ? On l’ignore jusqu’à présent, or réussir à le déterminer permettra selon lui de définir “ce que nous recherchons chez les jeunes supervolcans actifs pour nous aider à prédire les éruptions futures ».

Son équipe de recherche a examiné le sort du magma laissé après la super-éruption de Toba (île de Sumatra) il y a 75 000 ans, en utilisant les minéraux feldspath et zircon. Ces minéraux renferment des enregistrements indépendants du temps basés sur l’accumulation des gaz argon et hélium comme capsules temporelles dans les roches volcaniques.

“À la faveur de ces données géochronologiques, d’inférences statistiques et de modélisation thermique, nous avons mis en évidence que le magma a continué à s’écouler par suintement dans la caldeira, ou dépression profonde induite par l’éruption de magma, pendant 5 000 à 13 000 ans après la super-éruption, puis que la carapace de magma solidifié restant a été poussée vers le haut à l’image d’une carapace de tortue géante”, a expliqué le professeur en poste au sud de Perth à l’Université Curtin.

Avant d’ajouter que “ces résultats ont remis en question les connaissances existantes et l’étude des éruptions, qui consiste normalement à rechercher du magma liquide sous un volcan pour évaluer les risques futurs. Nous devons maintenant considérer que des éruptions peuvent avoir lieu même si aucun magma liquide n’est trouvé sous un volcan –  aussi le concept de ce qui est « susceptible d’entrer en éruption » doit faire l’objet d’une réévaluation.

« Les super-éruptions figurent parmi les événements les plus catastrophiques de l’histoire de la Terre, générant d’énormes quantités de magma de façon quasi instantanée. Elles peuvent avoir un impact sur le climat mondial au point de faire basculer la Terre dans un ce qu’on appelle un hiver volcanique, une période anormalement froide susceptible de provoquer une famine généralisée” ajoute le professeur australien.

La super-éruption de Yellowstone s’est produite il y a approximativement 640 000 ans, son importance aurait pu permettre de recouvrir de cendres près de 5 millions de km2, soit l’équivalent de la moitié de la superficie actuelle des Etats-Unis.

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steeve

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